Tunisie : le journaliste Zied el-Heni placé en détention
En Tunisie, le journaliste Zied el-Heni a été placé en détention après son interpellation vendredi 24 avril à Tunis. Figure médiatique connue et voix critique du président Kaïs Saïed, il est poursuivi à la suite de propos tenus début avril lors d’une conférence dans une faculté de droit de la capitale, où il avait dénoncé des décisions judiciaires visant d’autres journalistes.
Selon les éléments communiqués par sa défense, la procédure a été ouverte pour des faits assimilés à une atteinte à autrui ou à sa réputation, sur la base d’un article du Code des télécommunications. Le journaliste doit comparaître le 30 avril devant le tribunal de première instance de Tunis. Son arrestation intervient dans un climat de tensions persistantes entre pouvoir, justice et médias dans le pays.
Une nouvelle affaire autour de Zied el-Heni dans un climat tendu
Les faits reprochés remontent à une intervention publique durant laquelle le journaliste avait pris la défense de confrères condamnés, qu’il estimait avoir été jugés injustement. Il aurait alors qualifié de « criminels » les magistrats ayant prononcé ces décisions, des propos qui ont déclenché l’ouverture d’une enquête. Placé en garde à vue le jour de son arrestation, il a ensuite été maintenu en détention dans l’attente de son audience.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de crispation du débat public en Tunisie depuis le tournant institutionnel engagé par Kaïs Saïed en 2021. Plusieurs organisations professionnelles et acteurs de la société civile alertent régulièrement sur la pression exercée contre les journalistes, les opposants et les voix critiques. Dans ce cadre, les procédures engagées au nom de la protection de la réputation, de l’ordre public ou des communications sont suivies de près par les défenseurs des libertés publiques.