Mali : le permis de Loulo renouvelé, Barrick tourne une page sans tout clarifier
Après une longue période de crispation, Barrick Mining et le Mali poursuivent leur rapprochement. Les autorités ont officialisé, vendredi, le renouvellement pour dix ans du permis d’exploitation du site de Loulo-Gounkoto, marquant une nouvelle étape dans la résolution du différend qui opposait le groupe canadien à Bamako.
Ce feu vert intervient après l’accord trouvé en novembre dernier, à la suite d’une année perturbée par l’application du nouveau code minier. Barrick a depuis réintégré le complexe dans ses projections de production pour 2026, signe d’un retour progressif à la normale.
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Un cadre juridique encore à préciser
Malgré ces avancées, une question centrale demeure : les modalités exactes de la nouvelle convention minière. Le permis initial, accordé en 1996, arrivait à échéance ce mois-ci. Son renouvellement implique théoriquement une renégociation complète des termes, conformément à la législation en vigueur.
Le régime adopté en 2023 autorise désormais l’État à monter jusqu’à 30% du capital des mines, avec 5% supplémentaires réservés aux investisseurs locaux, un schéma déjà appliqué à Sadiola, exploitée par Allied Gold. Jusqu’ici, la répartition à Loulo restait fixée à 20% pour l’État et 80% pour Barrick.
Côté production, la reprise s’annonce graduelle : après seulement 36.200 onces livrées l’an dernier, Barrick vise jusqu’à 362.500 onces en 2026. Un enjeu majeur pour le Mali, dont la production industrielle d’or a chuté de près de 23% en 2025.
Dans un marché porté par la hausse du métal jaune (+64 % sur l’année passée selon Trading Economics), l’avenir de Loulo-Gounkoto reste suspendu aux prochaines clarifications entre l’État et l’opérateur.