Présidentielle en Ouganda : Yoweri Museveni réélu avec 71%
Le président ougandais Yoweri Museveni a célébré dimanche sa large victoire à l’élection présidentielle, au lendemain de l’annonce des résultats par la commission électorale. Crédité de 71% des suffrages, le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1986, entame à 81 ans un septième mandat, consolidant ainsi quatre décennies de domination politique sur ce pays d’Afrique de l’Est.
S’exprimant devant les cadres de son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), dans son fief de Rwakitura, à l’ouest de l’Ouganda, Yoweri Museveni a salué ce qu’il considère comme un retour à l’unité fondatrice de sa formation. « Nous commençons à revenir aux origines du NRM. L’unité maximale qui existait lors des élections de 1996 est en train de revenir », a-t-il déclaré, estimant se rapprocher de son meilleur score électoral.
Mais cette victoire est vigoureusement contestée par l’opposition, qui dénonce de graves irrégularités et un climat de répression. Le candidat Bobi Wine, figure emblématique de la contestation et leader du National Unity Platform (NUP), a rejeté les résultats avant même leur proclamation officielle.
Ouganda : opposition réprimée et jeunesse frustrée
Dans son discours, Yoweri Museveni a accusé ses adversaires d’« incitation à la violence », affirmant que les forces de sécurité resteraient vigilantes. « Notre intérêt est qu’ils renoncent à ce genre d’attitude. Les éléments résiduels doivent cesser, sinon nous les attraperons », a-t-il averti, des propos qui inquiètent les défenseurs des droits humains.
Le NUP accuse pour sa part les forces de l’ordre d’arrestations arbitraires, de violences et d’intimidations. Bobi Wine affirme être en fuite après avoir échappé à une descente des forces de sécurité à son domicile, une version démentie par la police. Pour de nombreux jeunes militants, le scrutin laisse un goût amer.
« Ce n’est pas un président pour ma génération », confie Judith Nalukwago, 28 ans, membre du NUP. « Ses priorités datent de 1986 et ne correspondent pas au monde actuel ». Un sentiment partagé par Robert Maseruka, 25 ans, récemment élu député, qui pointe le chômage massif et le fossé entre les dirigeants et la jeunesse.
Face à ces critiques, les partisans du président défendent sa longévité politique. Israel Kyarisiima, coordinateur du mouvement Gen Z pour Museveni, assure que le chef de l’Etat « s’adapte à chaque génération et à chaque défi ».
Avec plus de 70% de la population âgée de moins de 30 ans, l’Ouganda demeure l’un des pays les plus jeunes au monde, un défi important pour le nouveau mandat de Yoweri Museveni.