Le poulet brésilien conquiert les assiettes africaines

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Le poulet brésilien conquiert les assiettes africainesLe poulet brésilien © DR
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Le Brésil renforce sa position sur le marché africain du poulet, profitant d’une demande en forte croissance. De nouveaux pays émergent comme clients clés, modifiant la carte des importations sur le continent.

Le poulet s’est imposé comme l’une des principales sources de protéines animales dans les habitudes alimentaires en Afrique. Accessible, polyvalent et relativement abordable, il joue un rôle central dans la sécurité alimentaire du continent. Or, face à une production locale souvent insuffisante, de nombreux pays africains dépendent largement des importations. Dans ce contexte, le Brésil s’affirme de plus en plus comme un fournisseur incontournable.

Selon le rapport annuel 2025 de l’Association brésilienne des protéines animales (ABPA), les pays africains ont importé au total 965.699 tonnes de viande de poulet en provenance du Brésil en 2024. Ce volume marque une hausse significative de 18,25% par rapport à l’année précédente, confirmant la montée en puissance du poulet brésilien dans les assiettes africaines.

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Une progression soutenue depuis cinq ans

La dynamique observée s’inscrit dans une tendance de fond. En 2020, les exportations brésiliennes de viande de poulet vers l’Afrique s’élevaient à 555.734 tonnes. Elles sont passées à 662.323 tonnes en 2021, avant d’atteindre 816.611 tonnes en 2023, puis de frôler le million de tonnes en 2024. Sur l’ensemble de la période 2020-2024, les importations africaines de poulet brésilien ont ainsi progressé de 74%, avec un taux de croissance annuel moyen estimé à 14,81%.

Cette évolution reflète à la fois la compétitivité du produit brésilien sur les marchés internationaux et les difficultés persistantes de nombreux pays africains à développer une filière avicole locale capable de répondre à la demande croissante des populations.

L’Afrique du Sud, principal débouché du continent

Le succès du poulet brésilien en Afrique est largement porté par l’Afrique du Sud, premier client du Brésil sur le continent depuis plusieurs années. En 2024, Pretoria a importé 325.409 tonnes, soit environ un tiers du volume total acheté par l’ensemble des pays africains.

Derrière l’Afrique du Sud figurent la Libye (10,34% des importations africaines), le Ghana (9,74%), l’Angola (9,11%) et la République du Congo (4,98%). Au total, la filière avicole brésilienne a approvisionné 44 pays africains en 2024, illustrant l’étendue géographique de sa présence sur le continent.

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Ghana et Congo, moteurs récents de la hausse

Parmi les pays d’Afrique subsaharienne, le Ghana et la République du Congo se distinguent par une progression spectaculaire de leurs importations de poulet brésilien. Au Ghana, les volumes sont passés de 15.268 tonnes en 2020 à 94.130 tonnes en 2024, soit une multiplication par six en l’espace de quatre ans. Cette hausse a permis au pays de passer de la cinquième à la troisième place des principaux clients africains du Brésil.

La République du Congo affiche également une croissance marquée. Ses importations ont plus que quadruplé, passant de 11.239 tonnes en 2020 à 48.170 tonnes en 2024. Longtemps marginal dans la stratégie d’exportation brésilienne, le marché congolais s’impose désormais comme un débouché en forte expansion.

Ces évolutions traduisent une diversification des marchés africains ciblés par les exportateurs brésiliens, au-delà des destinations traditionnelles.

Vers un ralentissement en 2025 ?

La trajectoire ascendante pourrait toutefois connaître un infléchissement. Le 15 mai 2025, le Brésil a déclaré son premier cas de grippe aviaire dans un élevage commercial, suscitant de vives inquiétudes chez ses partenaires commerciaux. Plusieurs pays africains ont réagi par des mesures restrictives.

L’Afrique du Sud a notamment imposé une interdiction temporaire des importations de poulet brésilien, tandis que l’Angola a opté pour une restriction partielle. Les données complètes pour l’année 2025 n’étant pas encore disponibles, il faudra attendre la publication du rapport annuel 2026 de l’ABPA pour mesurer l’impact réel de cet épisode sanitaire sur les échanges entre le Brésil et l’Afrique.

Pour rappel, le continent africain constitue aujourd’hui le troisième débouché mondial du poulet brésilien, derrière l’Asie et le Moyen-Orient.

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