RDC : lancement du projet « Kinshasa Kia Mona », une ville moderne à 60 km du centre

Temps de lecture :
RDC : lancement du projet « Kinshasa Kia Mona », une ville moderne à 60 km du centreVue générale du boulevard du 30 Juin à Kinshasa, le 20 octobre 2025. [Image d'illustration] © AFP - GLODY MURHABAZI
A A A A A

En République démocratique du Congo, Kinshasa, mégapole de près de 20 millions d’habitants, se prépare à une extension ambitieuse. Aujourd’hui, la capitale n’occupe qu’environ 40% de l’espace qui lui est officiellement réservé, laissant une large part du territoire inexploité. C’est dans ce contexte que le président Félix Tshisekedi a lancé le projet « Kinshasa Kia Mona », à plus de 60 kilomètres du centre-ville, dans la commune de Maluku, au pied des plateaux de Batéké.

Estimé à plus de 50 milliards de dollars, ce projet vise la création d’une cité moderne et industrielle, dotée d’infrastructures sociales capables de rendre l’agglomération autonome. La future ville s’étendra sur plus de 40.000 hectares mis à disposition par l’État congolais et pourrait accueillir jusqu’à cinq millions d’habitants.

Lire aussi : Grands Lacs : 1,5 milliard d’euros d’aide annoncés par Macron pour la RDC

Le financement du projet repose sur un modèle diversifié combinant partenariats public-privé (PPP), prêts occasionnels, financements bancaires, interventions de banques de développement, modèles Build-Operate-Transfer (BOT), garanties foncières, levées de fonds et subventions.

Au cœur de « Kinshasa Kia Mona » se trouvera un pôle industriel multisectoriel, structuré autour de huit parcs spécialisés, allant de la haute technologie aux industries de transformation, en passant par la pharmacie et l’économie circulaire. L’objectif : réduire la dépendance du pays aux importations et désengorger la capitale.

Un pôle industriel et médical ambitieux

Les projections avancées par les autorités sont audacieuses : l’installation de 1.200 usines sur cinq ans et la création de près de 225.000 emplois directs, dont 30.000 dès la première année, principalement au profit des jeunes qualifiés. Le gouverneur de Kinshasa promet un cadre de vie moderne, sécurisé et conforme aux normes environnementales.

Pour concrétiser cette vision, le président Tshisekedi a posé la première pierre d’une cité industrielle sino-congolaise ainsi que d’une plateforme hospitalière de pointe, comprenant un centre régional d’oncologie. L’infrastructure hospitalière, financée à hauteur de 133 millions d’euros par un consortium belgo-marocain, bénéficie d’un crédit de la Banque publique d’investissement française, en partenariat avec une banque allemande.

Avec « Kinshasa Kia Mona », la RDC entend poser les bases d’une ville du futur, capable de conjuguer modernité industrielle et qualité de vie.

Recommandé pour vous

La Guinée se retire du projet de monnaie unique de la CEDEAO

La Guinée renonce à intégrer l'Eco, préférant conserver le franc guinéen afin de préserver sa souveraineté économique et sa politique monétaire.

Kenya : l’inflation poursuit sa progression en juillet

Au Kenya, l'inflation a atteint 6,5% en juillet, portée par la hausse des prix alimentaires, tandis que les prix des carburants sont restés stables.

Afrique de l’Ouest : quand l’argent peine à financer l’économie

La BAD estime que l’Afrique de l’Ouest souffre moins d’un manque de capitaux que d’une mauvaise circulation des ressources, entre faible fiscalité et épargne mal orientée.

Or : l’Afrique de l’Ouest à l’épreuve du repli des cours

Le recul de l’or commence à peser sur les redevances minières en Afrique de l’Ouest. Les nouvelles règles fiscales renforcent la rente publique, mais restent exposées aux cours.

Minerais critiques : Washington et Pékin lorgnent les ressources ouest-africaines

Riches en minerais critiques, les pays d’Afrique de l’Ouest attirent les convoitises de Pékin et de Washington, engagés dans une compétition croissante.

Croissance économique : l’Afrique face à la menace climatique

La BAD alerte qu’un nouvel épisode d’El Niño pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars à l’Afrique et réduire de 2% le PIB des pays les plus touchés.
pub