Soudan : les FSR annoncent une trêve humanitaire unilatérale de trois mois

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Soudan : plus de 65.000 personnes déplacées au Kordofan depuis fin octobreLe camp de déplacés d’Al-Afad, dans le nord du Soudan, le 21 novembre 2025 © EBRAHIM HAMID/AFP
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Les Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires soudanais, ont annoncé lundi une trêve humanitaire unilatérale de trois mois, alors que l’armée rivale a rejeté une proposition internationale de cessez-le-feu. Cette décision intervient dans un pays ravagé par plus de deux ans de conflit meurtrier opposant le général Abdel Fattah al-Burhane aux FSR de Mohamed Hamdane Daglo, son ancien bras droit.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre pour le pouvoir, marquée par des exactions dans les deux camps. Le conflit a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes, poussant l’ONU à qualifier la situation de « pire crise humanitaire » dans le monde.

Soudan : la médiation internationale face au rejet de l’armée

Récemment, l’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos, a présenté une proposition de trêve au nom des États-Unis, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte. Les détails de cette initiative n’ont pas été rendus publics. Dans une allocution vidéo, Mohamed Hamdane Daglo a déclaré : « En réponse aux efforts internationaux, notamment à l’initiative du président américain Donald Trump et des médiateurs, nous annonçons une trêve humanitaire prévoyant une cessation des hostilités pour trois mois ».

Les paramilitaires avaient déjà accepté en novembre le principe d’une trêve proposée par les médiateurs, mais l’armée n’avait pas donné suite, et les combats se poursuivaient depuis. Dimanche, le général Burhane a qualifié la nouvelle proposition de « inacceptable », appelant les citoyens à rejoindre les lignes de front et accusant la médiation de partialité, en raison du rôle supposé des Émirats en soutien aux FSR.

La ministre émiratie Reem al Hashimy a réagi en dénonçant « le comportement d’obstruction » du général Burhane, accusé de rejeter une fois de plus les offres de paix. Abou Dhabi est accusé de fournir armes, hommes et carburant aux paramilitaires, allégations qu’il dément, malgré des preuves issues de rapports internationaux et d’enquêtes indépendantes.

Les FSR ont, pour leur part, été accusées mardi par Amnesty International de crimes de guerre, allant d’exécutions sommaires à des viols lors de la prise récente d’El-Facher, l’organisation pointant également le « soutien » des Émirats aux paramilitaires.

Lire aussi : Soudan : au cœur d’une tragédie qui s’étend, les civils abandonnés au chaos 

Accusations croisées et crimes de guerre

Le général Burhane a critiqué la proposition de l’émissaire américain, la qualifiant de « pire », arguant qu’elle « élimine les forces armées, dissout les agences de sécurité et maintient les milices là où elles sont » au lieu de les désarmer. Il a rejeté les allégations concernant une influence des Frères musulmans dans l’armée, les qualifiant de « récits médiatiques ».

Mohamed Hamdane Daglo a réaffirmé dans son discours son engagement pour un processus politique incluant tous les acteurs, « à l’exception du mouvement terroriste des Frères musulmans et du Congrès national », responsables selon lui des tragédies que connaît le peuple soudanais depuis trois décennies.

Depuis deux ans, tous les accords de cessez-le-feu ont été violés par les parties belligérantes, compromettant les efforts de médiation et laissant le Soudan dans un cycle de violences et de crises humanitaires.

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