Mali : le JNIM durcit son blocus et menace les populations

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Mali : le JNIM durcit son blocus et menace les populationsDes véhicules et motocyclistes font la queue pour tenter d'obtenir de l'essence à une station dans la capitale malienne Bamako le 7 octobre 2025. © AFP
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Au Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à al-Qaïda, a diffusé mardi 18 novembre de nouvelles vidéos portant sur l’embargo décrété début septembre sur les importations de carburant. Sans relayer la propagande terroriste, RFI décrypte et analyse ces déclarations dans lesquelles le groupe critique les autorités de Transition, tente de convaincre les Maliens et annonce un durcissement du blocus.

Décrédibilisation des autorités de Transition

Le porte-parole du JNIM, Nabi Diarra, alias Abou Houzeifa Al-Bambari, accuse les militaires au pouvoir de duplicité. Selon lui, les autorités encourageraient certains villages à conclure des accords locaux avec le JNIM dans les zones échappant au contrôle de l’armée, pour ensuite les attaquer sous prétexte de collaboration avec les terroristes.

Ces accords se sont multipliés ces dernières années, notamment dans le centre du pays, avec la complicité des services maliens de sécurité. Parallèlement, les opérations militaires et les exactions contre les civils se sont intensifiées. Les localités refusant ces arrangements sont soumises à des blocus qui aggravent la souffrance des habitants.

Le porte-parole souligne également que les autorités négocient pour la libération d’otages étrangers, mais pas pour celle des soldats maliens détenus. Plusieurs civils maliens, dont le maire de Konna, ont néanmoins été relâchés récemment.

Lire aussi : Mali: le Jnim revendique une double attaque à Bamako

Contrainte et peur comme instruments de contrôle

Nabi Diarra justifie l’embargo sur le carburant et les contrôles routiers renforcés autour de Bamako. Selon lui, le blocus aurait des effets sur les comportements sociaux, comme la réduction des sorties nocturnes ou l’augmentation du port du voile. Ces résultats, obtenus par la peur et la contrainte, ne traduisent pas une adhésion réelle des populations aux objectifs du JNIM.

Les terroristes menacent aussi ceux qui collaborent avec l’armée ou les combattent, notamment les chasseurs traditionnels dozos. Le groupe cite l’exemple de Loulouni, dans la région de Sikasso, où des dozos ont été attaqués. Début novembre, le JNIM a exécuté publiquement la jeune blogueuse Mariam Cissé, qui soutenait les militaires maliens, provoquant indignation et patriotisme.

Un durcissement annoncé du blocus

Le JNIM prévoit d’étendre son blocus à toutes les entreprises transportant du carburant et d’appliquer un traitement sévère aux chauffeurs de camions-citernes, désormais assimilés à des militaires. Depuis septembre, plusieurs transporteurs ont déjà été tués ou capturés. En réaction, les autorités maliennes ont annoncé des mesures de soutien aux familles des victimes et aux blessés.

Selon des experts maliens, « le JNIM a des succès militaires, mais sans acquis politiques, il ne peut aller plus loin. Le groupe cherche l’adhésion des populations pour faire croire que les actions de la Transition renforcent sa position ».

Pour certains observateurs, ces déclarations pourraient semer le doute dans l’opinion, car les Maliens subissent déjà la pénurie de carburant et les coupures d’électricité. Mais d’autres estiment que « le blocus a produit l’effet inverse : les populations souffrent et se rallient aux autorités ».

Les autorités de transition n’ont pas commenté officiellement cette dernière sortie du JNIM.

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