Soudan du Sud : le vice-président Riek Machar inculpé pour crimes contre l’humanité

Temps de lecture :
Soudan du Sud : le vice-président Riek Machar inculpé pour crimes contre l’humanitéRiek Machar, vice-président du Soudan du Sud © DR
A A A A A

Placé en résidence surveillée depuis mars, le vice-président Riek Machar a été officiellement inculpé pour « crimes contre l’humanité », a annoncé le gouvernement jeudi 11 septembre. Cette décision pourrait aggraver l’instabilité d’un pays déjà fragilisé sur les plans politique, social et économique.

Selon le ministère de la Justice, Riek Machar est accusé d’avoir coordonné, avec sept coaccusés, une attaque perpétrée le 3 mars dernier par l’« armée blanche », une milice considérée comme proche de lui. L’assaut, mené dans le nord-est du pays, aurait fait « plus de 250 morts parmi les soldats », ainsi qu’un major général sud-soudanais et un pilote onusien. Les charges retenues incluent également le « meurtre », le « terrorisme », la « trahison » et la « conspiration ».

Lire aussi :Soudan du Sud : mandat onusien prolongé jusqu’en 2026

En réaction, le président Salva Kiir a signé un décret limogeant Riek Machar ainsi que le ministre du Pétrole, Puot Kang Choi. Selon les autorités, ce procès envoie un message clair : personne, quel que soit son statut, n’échappera à la justice pour des crimes commis contre la population ou les forces de sécurité.

Un risque de retour au chaos

Cette affaire inquiète la communauté internationale, qui craint une remise en cause de l’accord de paix de 2018, lequel avait mis fin à la guerre civile sanglante (2013–2018). Ce conflit a fait près de 400.000 morts et 4 millions de déplacés. Plusieurs chancelleries occidentales avaient déjà réclamé la libération de Riek Machar, redoutant que son arrestation ne ravive les violences politiques.

Les craintes ne sont pas infondées : entre janvier et avril 2025, l’ONU a recensé environ 900 morts liés aux tensions, ainsi que 165.000 déplacés, dont 100.000 réfugiés dans les pays voisins. Le pays, riche en pétrole mais classé parmi les plus pauvres du monde, reste fragilisé par la réduction de l’aide humanitaire américaine et par une crise alimentaire aiguë. Selon Action contre la Faim, des enfants « meurent déjà » de malnutrition.

Recommandé pour vous

Soudan : pressions internationales pour reconnaître les responsables de la famine et des violences sexuelles

Politique - Vingt-neuf États occidentaux réclament des enquêtes indépendantes sur les violences, la famine et les agressions sexuelles au Soudan.

Libye : un « business » de l’exploitation des migrants dénoncé par l’ONU

Politique - Un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme décrit en Libye un système d’abus institutionnalisés contre migrants et réfugiés.

L’ONU sollicite 1,6 milliard de dollars pour venir en aide aux réfugiés soudanais

Politique - Les Nations Unies lancent un appel de 1,6 milliard de dollars pour soutenir 5,9 millions de réfugiés du Soudan en 2026.

Niger : un haut responsable militaire évoque « une guerre avec la France », Paris dément

Politique - Lors d’un rassemblement organisé dans la capitale, le général Amadou Ibro a lancé des propos qui ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux : « sachez que nous allons entrer en guerre avec la France », a-t-il déclaré devant des milliers de jeunes, suscitant des applaudissements et des chants hostiles à l’égard de la France.

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.
pub