Mali : plusieurs militaires sont accusés de vouloir déstabiliser la transition

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Mali : un tribunal suspend la dissolution des partis politiquesAssimi Goita, chef du Conseil militaire et président de la transition du Mali. © DR
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Les arrestations se multiplient à Bamako. Depuis plusieurs jours, au moins 45 militaires maliens ont été interpellés, soupçonnés de vouloir renverser le pouvoir militaire instauré à la suite des coups d’État de 2020 et 2021. Les opérations se poursuivent : dimanche 10 août, deux soldats ont été arrêtés à leur domicile, suivis, dans la nuit, par deux autres membres de la garde nationale, corps d’origine du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, qui, lui, n’est pas visé.

Selon des sources concordantes, parmi les personnes arrêtées figurent deux officiers de haut rang : le général Abass Dembélé, populaire auprès des troupes et ancien gouverneur de Mopti récemment limogé, ainsi que la générale Néma Sagara, l’une des rares femmes à occuper un poste élevé dans la hiérarchie militaire, rapporte RFI.

Une tentative de déstabilisation ou un règlement de comptes ?

Officiellement, le régime militaire n’a pas encore communiqué. Toutefois, un officier supérieur proche du pouvoir affirme que « le règlement militaire est clair » et que les suspects « ont voulu déstabiliser la transition ». Un membre du Conseil national de transition évoque « une cinquantaine d’arrestations », toutes visant des militaires accusés de vouloir « renverser le pouvoir ».

Lire aussi : Tentative de coup d’État avortée au Burkina Faso

Cette affaire divise les observateurs : tandis que certains évoquent une véritable tentative de coup d’État, d’autres y voient plutôt une manœuvre politique visant à écarter des officiers influents, jugés gênants pour le pouvoir en place.

Pour le sociologue malien Oumar Maïga, ces arrestations révèlent un malaise profond au sein des forces armées. Selon lui, certains soldats contestent le traitement jugé privilégié réservé aux mercenaires russes par rapport aux militaires maliens. Cette frustration, ajoutée aux tensions politiques, fragilise davantage la stabilité du pays, déjà confronté à une insécurité chronique ainsi qu’à d’importants défis économiques et sociaux.

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