Irresponsabilité

Temps de lecture :
IrresponsabilitéLa communauté internationale réunie à Séville au chevet de l'aide au développement © AFP
A A A A A

Le spectacle donné par certains chefs d’Etat africains au sommet sur le financement du développement conclu jeudi 3 juillet à Séville est effarant. Les héritiers de « l’esprit de Bandung », le sommet historique des « non-alignés » tenu dans la cité indonésienne en 1955, vont se retourner dans leur tombe. Ces pères de l’indépendance africaine se battaient pour s’affranchir de puissances étrangères en comptant d’abord sur les ressources de leurs pays. C’est tout le contraire de leurs lointains successeurs. Au lieu de chercher des solutions endogènes pour financer les infrastructures et répondre aux immenses attentes sociales de la population, ils se complaisent à chercher des boucs émissaires. Le procès des agences de notation financière, fait à nouveau à Séville par des dirigeants africains, relève de l’irresponsabilité. Si beaucoup de pays africains se financent à des coûts très élevés sur le marché international, c’est de la faute aux agences de notation, accusent-ils. Moody’s, Fitch Ratings et S&P Global Ratings (l’ex Standard & Poor’s qui à l’origine était un journal financier), sont diabolisées. Ces agences sont accusées d’alourdir le poids de la charge de la dette des pays africains parce qu’« elles ne prendraient pas en compte les spécificités économiques du continent » dans leur méthodologie.

Ce bobard n’est pas sans rappeler les années quatre-vingt lorsque le Fonds monétaire international (FMI) était le méchant qui empêchait les gouvernements à investir dans les secteurs sociaux. En réalité, cette victimisation permanente sert à masquer l’incurie et la mauvaise gouvernance. Pourquoi les pays asiatiques ne se plaignent jamais de « l’injustice » des agences de notation ?

Voilà un thème que nos dirigeants devraient débattre au prochain sommet sur la dette.

Recommandé pour vous

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

RDC : Luanda avance la date d’un cessez-le-feu avec le M23

Afrique - Luanda propose un arrêt des combats en RDC à partir du 18 février. Une initiative diplomatique qui attend l’aval de Kinshasa et du M23, alors que subsistent des incertitudes sur son articulation avec l’accord de Doha et le mécanisme de vérification régional.

RDC : l’ONU appelle à une riposte urgente face à la flambée du choléra

Les Nations unies ont lancé, mercredi, un appel pressant pour renforcer immédiatement la riposte contre l’épidémie de choléra en République démocratique du Congo (RDC), alors que la propagation de la maladie suscite de vives inquiétudes.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.

Hydrocarbures : l’Égypte mise sur une relance massive de sa production

Afrique - L’Égypte accélère la modernisation de son secteur énergétique avec de nouveaux contrats, des technologies de pointe et un plan ambitieux pour relancer ses champs pétroliers, réduire ses dettes et consolider son rôle stratégique sur le marché régional.

UMOA-Titres : les États de l’UEMOA doublent leurs levées de fonds en janvier

Le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu un démarrage d’année exceptionnel en janvier 2026.
pub