Canal de Suez : l’Égypte réduit les frais de transit pour relancer le trafic maritime

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Canal de Suez : l'Égypte réduit les frais de transit pour relancer le trafic maritimeL’autorité du canal de Suez justifie la hausse des prix par l’inflation et l’augmentation des coûts opérationnels. © Autorité du canal de Suez
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La Suez Canal Authority (SCA) a annoncé une réduction de 15% des frais de transit pour les porte-conteneurs d’une charge nette de 130.000 tonnes ou plus, à compter du jeudi 15 mai. Cette mesure, valable pour une période de 90 jours, vise à encourager le retour du trafic maritime via cette voie stratégique, durement affectée par l’instabilité sécuritaire en mer Rouge.

Depuis novembre 2023, les attaques des rebelles Houthis contre des navires marchands en soutien à la Palestine ont détourné une grande partie du trafic maritime vers des itinéraires plus longs, notamment autour du cap de Bonne-Espérance. Mais l’annonce récente d’un cessez-le-feu négocié entre les États-Unis et les Houthis ouvre la voie à une normalisation progressive de la situation.

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Les conséquences économiques pour l’Égypte ont été sévères. Le président Abdel Fattah al-Sissi a estimé les pertes à 800 millions de dollars par mois. En 2024, seuls 13.200 navires ont emprunté le canal, contre plus de 26.000 en 2023. Le canal de Suez, source majeure de devises pour le pays, avait généré 7,2 milliards de dollars pour l’exercice 2023-2024, alors que les autorités espéraient atteindre 13 milliards en 2025.

La reprise du trafic est cruciale non seulement pour l’économie égyptienne, mais aussi pour le commerce mondial. Les détours par l’Afrique rallongent les trajets de 12 jours, faisant grimper les coûts de transport. Une étude de la CNUCED, publiée en juillet 2024, indique une hausse de plus de 100% des taux de fret sur certaines routes maritimes.

Toutefois, selon plusieurs experts, la baisse des frais de transit ne suffira pas à elle seule. Le retour du trafic dépendra également de la diminution des primes d’assurance, qui ont explosé en 2024. Celles-ci ont atteint jusqu’à 2% de la valeur du navire, contre 0,7% auparavant.

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