Temps de lecture : 5 minutes

Accueil / Économie / L’Afrique nécessite une intégration économique inclusive (Abdellatif Jouahri)

L’Afrique nécessite une intégration économique inclusive (Abdellatif Jouahri)

Temps de lecture : 5 minutes

En Bref

Temps de lecture : 5 minutes

Le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, a soutenu l’importance d’une intégration économique inclusive de l’Afrique pour atteindre la prospérité escomptée. Cette intégration économique devrait être mutuellement bénéfique et ne devrait pas être au détriment des pays et des populations les plus vulnérables, a-t-il indiqué à l’ouverture des travaux de la 5ème édition des «Journées internationales de macroéconomie et de finance » (JIMF), qui se poursuit jusqu’au 24 mai à Dakhla, sous le thème «Intégration économique en Afrique : La voie vers un avenir plus prospère».

Selon lui, les pays africains sont bien conscients des retombées de l’intégration, notant que de nombreuses initiatives ont été lancées dans ce sens et ont conduit notamment à la constitution des Communautés Economiques Régionales.

Dans le même sillage , Abdellatif Jouahri a rappelé le lancement de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), soulignant que cet accord constitue une lueur d’espoir au regard de ses retombées potentielles. En effet, bien que largement approximatives, les différentes évaluations réalisées sur ses impacts montrent des gains substantiels.

Il a également relevé que les simulations effectuées par le Fonds monétaire international (FMI) indiquent que la mise en place de cette zone, si elle est accompagnée des réformes facilitant les échanges, pourrait augmenter la médiane des échanges commerciaux de l’Afrique avec le reste du monde de 15% et avec les pays africains de 53%, ce qui contribuerait à une hausse du PIB médian par habitant de plus de 10%.

Par ailleurs, le Wali de Bank Al-Maghrib a estimé que l’Afrique a un long chemin à parcourir, dans la mesure où elle a besoin de valoriser son capital humain pour tirer profit de son dividende démographique, de réformer en profondeur ses économies pour mieux fructifier ses richesses et de combler son énorme déficit en infrastructures.

Cela nécessite des ressources conséquentes dans un contexte caractérisé par l’amenuisement des marges budgétaires et le durcissement des conditions de financement, a-t-il recommandé, notant que selon la Banque Africaine de Développement (BAD), les besoins non satisfaits de financement pour l’infrastructure se situent entre 68 milliards et 108 milliards de Dollars par an.

Il poursuit son argumentaire en signalant qu’en plus des ressources financières, la réussite de la mise en œuvre d’un tel agenda de réformes nécessite d’abord un environnement de stabilité politique et de sécurité, qui fait malheureusement défaut aujourd’hui dans certaines régions du continent.

L’Afrique a pourtant un potentiel de développement énorme, a poursuivi M. Jouahri, soulignant que la première richesse du continent n’est autre que sa démographie avec une population jeune et en forte croissance.

Il a également noté que malgré le contexte international difficile, l’Afrique est appelée à émerger et à trouver sa place au sein de l’échiquier mondial, faisant observer que l’accès de l’Union Africaine en 2023 au statut de membre permanent au sein du G20 et la décision récemment de l’attribution d’un troisième siège au continent au sein du Conseil d’Administration du Fonds monétaire international (FMI) ne sont que des signes précurseurs de l’ascension inéluctable de l’Afrique vers la position qui lui échoit au niveau international.

Parallèlement, le Wali de BAM a indiqué que le continent africain a toujours occupé une place centrale dans les orientations stratégiques du Maroc, faisant savoir que le roi Mohammed VI « a souvent appelé à un codéveloppement gagnant-gagnant et lancé des chantiers d’envergure à l’instar du Gazoduc Maroc-Nigéria qui devrait contribuer à la diversification de l’approvisionnement énergétique pour de nombreux pays et de sa participation à garantir la sécurité alimentaire au continent, ainsi que l’Initiative Atlantique qui vise à faciliter l’intégration commerciale de plusieurs pays enclavés».

Les politiques publiques en matière d’échanges commerciaux et d’investissement consacrent en général un traitement largement spécifique et favorable aux relations avec le reste du continent, facilitant ainsi l’installation de nombreux groupes marocains dans les services financiers, le secteur minier, les télécoms et l’immobilier, entre autres, a-t-il noté.

Dans cette lignée, Abdellatif  Jouahri a indiqué que BAM, conformément à la vision Royale, a incité et accompagné le secteur bancaire dans le développement de ses relais de croissance externe en Afrique.

Les banques marocaines sont aujourd’hui présentes dans plus d’une trentaine de pays sur le continent où elles réalisent près de 23% de leur activité, a-t-il précisé.

« En tant que banque centrale, nous entretenons des relations étroites de partage d’expériences et d’expertise avec de nombreux régulateurs sur le continent soit de façon bilatérale ou dans le cadre d’instances telles que l’Association des banques centrales africaines, la Commission économique pour l’Afrique ou encore l’Union Africaine», a-t-il fait valoir.

Initiée par BAM, le Laboratoire de recherche en innovation, responsabilités et développement durable (INREDD) de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et Bernoulli Center for Economics (BCE) de l’Université de Bâle, en collaboration avec le Conseil régional de Dakhla-Oued Eddahab, cette édition des JIMF est marquée par la présentation de 18 travaux de recherche en lien avec la thématique de l’événement réalisés par des chercheurs issus de 12 universités nationales et internationales.

Ces journées sont rehaussées par la participation de plusieurs intervenants dont des ambassadeurs de plusieurs pays du Sahel, des présidents de Conseils économiques, sociaux et environnementaux et des acteurs locaux de plusieurs villes et régions du continent, ainsi que des présidents d’universités africaines de renom.

Laissez-nous vos commentaires

Temps de lecture : 5 minutes

La newsletter qui vous briefe en 5 min

Chaque jour, recevez l’essentiel de l’information pour ne rien rater de l’actualité

Et sur nos réseaux sociaux :

SOMAS : inauguration d’une quatrième cavité de stockage de gaz butane

La Société marocaine de stockage (SOMAS) a récemment franchi une étape importante dans le domaine de la sécurité énergétique avec l'inaugura…

La Tuta Absoluta cause des dégâts importants sur les tomates

La Tuta Absoluta ravage les cultures de tomates au Maroc, affectant gravement les producteurs. Selon Oussama Machi, producteur de légumes pr…

L’OTAN réitère son soutien à l’Ukraine

Le secrétaire général de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg, a clôturé un sommet marquant le 75ᵉ anniver…

Réforme de la finance internationale : Lekjaa pour une plus grande implication des pays en développement

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a souligné vendredi à Rabat l'importance de réviser le modèle opérationnel et organisationn…

Dacia lance la fabrication du premier véhicule hybride «Made in Morocco»

L’usine Renault Group de Tanger vient de lancer la production du Dacia Jogger, le premier véhicule hybride fabriqué au Maroc. Destiné au mar…

Les retombées économiques des JO sur la France en question

Une étude réalisée par le Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges au moment du dépôt de la candidature de Paris 2024, avait…

TGR : les recettes douanières en hausse de 8% au S1-2024

Les recettes douanières nettes du Maroc ont atteint près de 43,8 milliards de DH (MMDH) au cours des six premiers mois de 2024, marquant une…

Gaza : Netanyahu exige le contrôle israélien sur la frontière égyptienne

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a insisté jeudi sur la nécessité pour Israël de maintenir le contrôle sur une zone de la …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire