Temps de lecture : 5 minutes


Ce que contient le PLF 2023

Temps de lecture : 5 minutes

Catégorie Économie , Gros plan

Temps de lecture : 5 minutes

Le Conseil des ministres, présidé hier par le roi Mohammed VI, a été consacré à l’examen et l’adoption des orientations générales du projet de loi de finances 2023. Elles reposent sur quatre axes principaux, à savoir le renforcement des fondements de l’État social, la relance de l’économie nationale, la consécration de l’équité territoriale et le rétablissement des marges budgétaires pour assurer la pérennité des réformes. Détails.

Temps de lecture : 5 minutes

La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a présenté un exposé devant le Souverain sur les orientations générales du Projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2023. Elles assurent la continuité des grands chantiers stratégiques, notamment ceux de la protection sociale et la relance économique.

Interrogé par Lebrief, Mohamed Rahj, expert et consultant national et international dans le domaine de la fiscalité, estime que le PLF 2023 s’inscrit dans la continuité et prend la même direction que la loi de finances en cours, en mettant l’accent sur la relance, l’investissement, le social ou encore la lutte contre les inégalités entre régions.

Lire aussi : Le roi Mohammed VI préside le Conseil des ministres

 

Priorité au renforcement des piliers de l’État social

Le PLF 2023 accorde la priorité à la poursuite du grand chantier de l’État social, dont le principal pilier est la généralisation de la protection sociale, en particulier le parachèvement de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire (AMO) à toutes les catégories sociales, la généralisation progressive des allocations familiales selon une nouvelle approche de ciblage direct des populations défavorisées, en se basant sur le Registre social unifié (RSU) et l’accélération de sa généralisation à toutes les régions du Royaume.

En outre, l’exécutif compte également maintenir la cadence dans la mise en œuvre de la réhabilitation du système national de santé, en augmentant les fonds alloués au secteur de la santé et de la protection sociale. L’exercice à venir sera aussi consacré à la mise en œuvre de la feuille de route de la réforme du système de l’éducation et de la formation, l’encouragement de la pleine participation de la femme à tous les domaines économiques et à la protection de ses droits, ainsi que l’intégration des personnes en situation de handicap.

Le PLF 2023 prévoit aussi un ensemble de mesures dans le cadre du soutien aux familles souhaitant acquérir un logement. Une aide directe de l’État a été d’ailleurs instaurée dans ce domaine au profit des catégories ciblées.

Lire aussi : Dialogue social : ce qu’il faut retenir de la réunion du lancement du 2ᵉ round

 

L’investissement pour surmonter les effets de la crise

Le gouvernement entend aussi donner la priorité à l’investissement, à travers un soutien par le biais de la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement et de l’exécution des engagements inscrits dans le cadre des projets de l’investissement industriel qui auront, d’après Mohamed Rahj, «l’ambition de faire le politique économique marocaine une locomotive de la croissance qui demeure faible par rapport aux attentes du pays».

Il sera ainsi procédé à l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement doté de 45 milliards de DH et dont la direction générale a été confiée à l’ex-ministre de l’Économie et des Finances et ambassadeur du Maroc en France, Mohamed Benchaâboun. De plus, la dynamisation de l’investissement public, orienté vers les projets d’infrastructures et les stratégies sectorielles ambitieuses, dans le but de renforcer la compétitivité du produit national et la souveraineté nationale alimentaire, sanitaire et énergétique.

Lire aussi : Le Roi nomme Mohamed Benchaâboun DG du Fonds Mohammed VI pour l’investissement 

Quant au plan de l’équité territoriale, le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure avec notamment l’accélération de la réforme de l’administration à travers la simplification des procédures et le lancement d’une nouvelle stratégie nationale de la transition numérique. Autres mesures : la poursuite des efforts dans le domaine de la déconcentration administrative et l’institutionnalisation de la langue amazighe au niveau de tous les aspects de la vie publique.

La dernière priorité porte sur le rétablissement des marges financières pour assurer la soutenabilité des réformes. L’État compte mobiliser toutes les ressources financières possibles à travers un meilleur recouvrement des impôts, l’adoption de mécanismes de financement innovants, la rationalisation des dépenses de fonctionnement de l’administration, la mise en œuvre de la réforme relative aux marchés publics, la réforme de la loi organique relative à la loi de finances, ainsi que la revalorisation du portefeuille public et l’amélioration de son rendement.

En effet, Mohamed Rahj estime que les moyens de financement sont un point parmi d’autres sur lesquels l’exécutif devra plancher rapidement. Mais avec la progression des salaires des fonctionnaires, qui devrait alourdir les dépenses publiques, le fiscaliste s’est interrogé sur la manière de mobiliser les ressources fiscales en l’absence notamment d’une véritable réforme.

Lors du Conseil des ministres, Nadia Fettah Alaoui a indiqué que ce projet se base sur des hypothèses fixant le taux de croissance à 4%. Sur ce point, notre interlocuteur se dit sceptique, compte tenu du contexte actuel. «Les répercussions de la crise européenne se ressentent déjà fortement au niveau national. Ajoutons à cela l’agriculture qui n’aura plus le même poids qu’avant dans la contribution à la croissance, en raison de la sécheresse et la problématique a été d’ailleurs soulignée dans le dernier discours du Roi au Parlement», explique l’expert.

La ministre a également ajouté que le taux d’inflation serait autour de 2% et le déficit budgétaire à 4,5% du Produit intérieur brut (PIB).

Intégration de l'informel : bilan des réformes engagées

Intégration de l’informel : bilan des réformes engagées

Plus que quelques jours pour accueillir l'année prochaine. La question de l'intégration de l'informel, laquelle se veut un des leviers fondamentaux pour réaliser une croissance dur…
L’essentiel de la note de conjoncture de la DTFE

Économie : une situation mi-figue, mi-raisin en cette fin d’année

La note de conjoncture de la Direction du trésor et des finances extérieures (DTF) du mois de décembre 2022 relate tous d'abord les faits marquants de la conjoncture internationale…
Mesures fiscales, prix… Voici ce qui va changer au Maroc en 2023

Loi de Finances 2023 : zoom sur la fiscalité des particuliers et des auto-entrepreneurs

Les mesures fiscales de la loi de Finances pour l’année budgétaire 2023 ont apporté de nouvelles dispositions qui touchent pratiquement tous les contribuables, personnes physiques …
Tourisme : hausse exceptionnelle des recettes voyages

2022 : l’économie marocaine prise en tenaille

S'il y avait un seul mot à retenir pour résumer l'année 2022 d'un point de vue économique, cela serait : inflation. L'année qui s'achève a éprouvé les ménages avec une flambée géné…
2022, une année qui redonne des couleurs au tourisme

2022, une année qui redonne des couleurs au tourisme

Après deux années de morosité liées à la Covid-19, le secteur touristique a repris des couleurs en 2022. L’ouverture des frontières en février dernier, le retour des MRE, la levée …
DEPF : bonnes prémices pour la campagne agricole 2022-2023

DEPF : bonnes prémices pour la campagne agricole 2022-2023

Les pluies enregistrées en novembre dernier augurent un démarrage favorable de la campagne agricole 2022-2023. Ainsi, après une année de sécheresse, la Direction des études et des …
Pluies et agriculture

Les récentes précipitations augurent d’une bonne saison agricole

Les récentes précipitations qui se sont abattues ces derniers jours sur les différentes régions du Royaume ont été accueillies avec beaucoup de joie et d'optimisme, en particulier …
Marché secondaire : BAM achète 200 MDH de bons du Trésor

Bank Al-Maghrib relève le taux directeur à 2,5%

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé, lors de sa dernière réunion trimestrielle au titre de l’année 2022, tenue ce mardi 20 décembre, de relever le taux directeur à 2,5%. D…