Temps de lecture : 5 minutes

Accueil / Économie / Article IV du FMI : des consultations et des recommandations

Article IV du FMI : des consultations et des recommandations

Temps de lecture : 5 minutes

Gros plan

Temps de lecture : 5 minutes

Comme chaque année, les services du Fonds monétaire international (FMI) ont mené les entretiens relatifs aux consultations au titre de l’article IV des statuts du fonds. À cause de la pandémie du nouveau coronavirus, une équipe dirigée par Roberto Cardarelli a mené une mission à distance du 19 octobre au 2 novembre 2020 dans le cadre des consultations de 2020 avec le Maroc. Plusieurs conclusions ont été tirées par les responsables du Fonds monétaire international (FMI) et des recommandations ont été émises ce lundi 2 novembre.

Temps de lecture : 5 minutes

Le FMI effectue tous les ans des consultations avec le Maroc telque le prévoit l’article IV de ses statuts. En pratique, ces consultations se font sous forme d’échanges de vues entre les membres de la mission de l’institution et des acteurs-clés des secteurs public et privé marocains. La situation économique et budgétaire, les réformes structurelles et la situation du secteur financier sont les trois volets qui intéressent la mission. Le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration est chargé de la préparation de cette mission à la fin de laquelle les conclusions préliminaires sont publiées.

Les bons points du Maroc

Plusieurs conclusions sont satisfaisantes pour le gouvernement. Tout d’abord, sur le volet du budget, le FMI estime que la politique budgétaire a été assouplie de manière appropriée en 2020. Àl’heure de la crise liée à la pandémie de Covid-19, les recettes fiscales ont nettement diminué et les autorités ont accru les dépenses publiques et révisé leur composition pour réduire au minimum les répercussions économiques et sociales de la crise. Les services du FMI saluent aussi l’intention des autorités de soutenir la reprise en 2021 tout en les félicitantpour les efforts qu’elles ont engagés pour développer l’assistance sociale avec la perspective de l’élargissement de l’assurance médicale à tous les Marocains.

Au chapitre monétaire, la mission du FMI n’a pas manqué d’applaudir le travail accompli par Bank Al-Maghrib (BAM). «Les services du FMI notent avec satisfaction que BAM a décidé de demander aux banques d’accroître leurs provisions et de suspendre la distribution de dividendes cette année afin de se prémunir contre une détérioration éventuelle du portefeuille des crédits bancaires dans un avenir proche», souligne EcoActu. Dans leurs conclusions, les experts du FMI relèvent que les banques marocaines ont été relativement résilientes face à la pandémie, notamment grâce à leurs niveaux initiaux relativement élevés de fonds propres et de liquidité ainsi qu’à la riposte vigoureuse de BAM.

Peut mieux faire…

Si les experts du FMI ont exprimé leur satisfecit par rapport à la politique budgétaire menée par le gouvernement, il n’en demeure pas moins qu’ils trouventque le processus de rééquilibrage budgétaire doit être progressif et ne devrait être entrepris que lorsque la reprise économique sera solide. Autre préoccupation, celle liée à la dette. «Tout en reconnaissant l’incertitude exceptionnelle qui entoure le calendrier et le rythme de la reprise, les services du FMI recommandent dans leurs projections de référence de commencer à réduire le ratio dette publique par rapport au PIB à compter de 2022», précise Le360.

Le scénario d’une plus grande flexibilité du régime de change est également évoqué par les experts du FMI. Àleurs yeux, une telle démarche ne peut que profiter à l’économie marocaine en préservant les réserves et la compétitivité et en renforçant sa capacité d’absorption des chocs externes. Sur ce sujet, «les autorités sont en train d’assurer un suivi étroit des conditions de déroulement de la transition et d’approfondir les études sur tous les volets pour juger du moment opportun pour entamer une nouvelle phase», a fait savoir le chef de la mission du Fonds chargé du Maroc, Roberto Cardarelli.

Et pour finir, la mission du FMI considèrequ’il est essentiel de faire avancer le programme de réformes structurelles pour in fine améliorer le niveau de vie de l’ensemble des Marocains. Tout est dit.

Les prévisions du FMI Pour l’exercice 2020, il va sans dire que la sécheresse et la pandémie de Covid-19 ont plombé la croissance. Selon le FMI, le PIB devrait se contracter dans une fourchette de 6 à 7% en 2020. Aussi, les déficits budgétaire et extérieur devraient se creuser, du fait de la baisse des recettes fiscales et le recul des recettes en devises tirées du tourisme. Le salut vient de la résilience des transferts des Marocains résidant à l’étranger et la baisse des importations. Ces deux facteurs ont permis de limiter les besoins de financement extérieur du Maroc. Autre élément salvateur : les réserves internationales qui restent largement supérieures à leur niveau de l’an dernier notamment grâce au tirage des 3 milliards de dollars de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) en avril dernier et aux sorties à l’international. Enfin, selon les projections de l’institution de Bretton Woods, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) devrait rebondir à 4,5% en 2021, à condition que les effets de la sécheresse et de la pandémie s’estompent.

Laissez-nous vos commentaires

Temps de lecture : 5 minutes

La newsletter qui vous briefe en 5 min

Chaque jour, recevez l’essentiel de l’information pour ne rien rater de l’actualité


Et sur nos réseaux sociaux :

Les tomates marocaines au cœur des tensions agricoles UE-Maroc

Des images frappantes montrent des manifestants espagnols interceptant des camions pour déverser et piétiner leurs cargaisons de tomates mar…

DEPF : les secteurs secondaire et tertiaire sur la bonne trajectoire

La Direction des études et des prévisions financières (DEPF) a récemment dévoilé sa note de conjoncture pour le mois de février 2024. Les ex…

Les patronats mauritanien et marocain veulent booster les échanges entre les deux pays

L’Union nationale du patronat mauritanien (UNPM) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) ont organisé conjointement la …

EMEC EXPO 2024 : les ambitions de la 4ᵉ édition expliquées par Nadia Boulal

LeBrief : Pourquoi cette édition de l’EMEC EXPO se distingue-t-elle des précédentes en termes de contenu ? Nadia Boulal : En termes de conte…

Six années consécutives de sécheresse, un problème «structurel» pour le Royaume

Le Maroc est entré, désormais, dans une situation de stress hydrique structurel. C’est le constat, pour le moins alarmant, établi par le pré…

Les Impériales 2024 : la culture marocaine à l’honneur

À travers des débats animés, des échanges enrichissants et des interventions de spécialistes de renommée nationale et internationale, les Im…

Expansion économique : le Maroc en avant-scène de la dynamique africaine

Le Royaume a judicieusement ciblé une multitude de domaines dans le continent, tels que la banque, les télécommunications, les phosphates, l…

Transformation digitale : les clés de la réussite selon Mounir Bouchiha (Gear9)

LeBrief : Dans le cadre des Impériales 2024, votre agence a animé un atelier sur la Customer experience (CX) et le Conversion rate optimisat…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire