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Législatives en Tunisie : Les électeurs auront l'embarras du choix

Quelques semaines à peine après la mise à l’écart des principaux partis politiques en Tunisie, lors du premier tour des élections présidentielles, les électeurs se préparent à retourner aux urnes le dimanche 6 octobre pour élire un nouveau parlement.

Par Nora Jaafar, Publié le 04/10/2019 à 15:51, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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Environ sept millions d’électeurs vont participer à cette élection législative, la deuxième depuis l’adoption d’une nouvelle constitution en 2014 et la troisième depuis le soulèvement de 2011 qui a renversé Zine El Abidine Ben Ali, dictateur de longue date.

 

Selon l’AFP, plus de 15 000 candidats, répartis sur plus de 1 500 listes, sont en lice pour 217 sièges. Mais le taux de participation élevé des candidats est loin d’être en adéquation avec l’engagement des électeurs, car l’élection présidentielle éclipse largement le scrutin parlementaire. En effet après le décès du président Beji Caid Essebsi en juillet, les élections présidentielles ont été avancées de novembre, programmant le vote législatif du 6 octobre entre deux tours.

 

« La majorité de la population ne s’intéresse pas du tout aux élections législatives », a déclaré le candidat et avocat Ghazi Mrabet au journal arabophone tunisien Assabah.

 

La jeune démocratie tunisienne connait pour la première fois des débats politiques entre les candidats avant les élections présidentielles et législatives, et les premières font plus de bruit que les secondes. Mais si les électeurs s’intéressent davantage au sort du chef de l’État, souligne la même source, c’est le Parlement qui est chargé de s’attaquer aux principaux problèmes qui préoccupent la société tunisienne.

 

En effet, la défaite des politiques au pouvoir lors du scrutin présidentiel du 15 septembre s’explique par la stagnation de l’économie, le chômage élevé, la détérioration des services publics et la hausse des prix, rappelle le quotidien Alshourouk.

 

Les médias locaux s’attendent à ce que les électeurs profitent du scrutin législatif pour réitérer leurs soutiens aux candidatures des « outsiders » politiques dans leur course à la présidence. L’électorat a d’ailleurs propulsé le magnat des médias Nabil Karoui au second tour, bien qu’il soit incarcéré pour blanchiment d’argent, évasion fiscale et corruption. Ce dernier s’est classé deuxième après Kais Saied, un professeur de droit farouchement indépendant et socialement conservateur, indique Assabah tunisien.

 

Manque d’enthousiasme de l’électorat

Une bonne performance du parti de Karoui, Qalb Tounes, aux élections législatives, pourrait augmenter ses chances au second tour de l’élection présidentielle. Saied, de son côté, a évité le système des partis et n’a offert son soutien à aucun groupe politique, laissant les partis courtiser ses partisans.

 

Contrairement à 2014, lorsque le parti d’inspiration islamiste Ennahdha et le parti anti-islamiste Nidaa Tounes ont partagé le pouvoir, le résultat de ces élections est imprévisible. Au moins un tiers des listes électorales sont indépendantes, ce qui rend encore plus difficile la compréhension d’un paysage politique déjà fragmenté en une multitude de partis quasi-similaires, explique Alshourouk. « Il n’y a pas de polarisation claire, ce qui accentue le manque d’enthousiasme des électeurs », a déclaré Michael Ayari, analyste tunisien au sein du Crisis Group.

 

La publication des sondages d’opinion est interdite en Tunisie, toutefois selon les enquêtes médiatiques, les listes indépendantes pourraient très bien remporter le scrutin de ce dimanche. Le parti qui remportera le plus grand nombre de sièges aura par la suite deux mois pour former un gouvernement, et ce en assurant une majorité de 109 voix. Les résultats préliminaires seront annoncés le 9 octobre. « Il est possible qu’aucune majorité n’émerge pour former un gouvernement dans les délais prévus par la Constitution », a déclaré Ayari à l’AFP.

 

Par ailleurs, toute coalition qui voit le jour sera confrontée au même dilemme que les gouvernements précédents : des réformes économiques bloquées par un puissant syndicat et des prêteurs étrangers qui commencent à perdre leur patience à cause de la dette publique croissante.

À suivre...

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