Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, s'est entretenu avec le président égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, à Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge © AFP

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À la recherche de solutions au conflit israélo-palestinien

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Catégorie Monde , Gros plan

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Un premier ministre israélien reçu en Égypte, une première depuis plus de dix ans. L’objectif de ce déplacement est de relancer le processus de paix au Proche-Orient, alors que le Caire a été chargé de veiller au respect de la trêve signée il y a quelques mois entre le Hamas et Israël. Cette rencontre intervient au lendemain de l’annonce d’un plan d’aide économique à la bande de Gaza. Tous les regards se tournent vers la région, alors que les tensions ne cessent de monter.

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Quelques jours après avoir reçu son homologue palestinien Mahmoud Abbas, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a invité à Charm Al-Cheikh, sur la mer Rouge, le premier ministre israélien Naftali Bennett. Ainsi, le dirigeant israélien s’est rendu en Égypte, ce lundi 13 septembre. C’est la première fois qu’un chef du gouvernement israélien se rend dans ce pays depuis 2011, quand l’Égypte était encore dirigée par Hosni Moubarak. Quelques jours plus tard, le raïs était chassé du pouvoir, lors du printemps arabe. 



L’objectif de ce déplacement est de relancer le processus de paix. Ce projet avait déjà été évoqué lors d’un sommet en août avec le chef de l’Autorité palestinienne et le roi de Jordanie. 



Lors de sa rencontre avec Bennett, le président égyptien a réaffirmé le soutien de son pays à une solution à deux États, seule issue possible au conflit israélo-palestinien. Abdel Fattah Al-Sissi a souligné la nécessité de maintenir le calme entre les Palestiniens et les Israéliens, tandis que l’Égypte tente d’apaiser les tensions entre les factions palestiniennes, a indiqué la présidence. Il a également évoqué «l’importance» du soutien de la communauté internationale aux efforts de l’Égypte pour reconstruire les «zones palestiniennes», ajoute le communiqué. 



 



Regain de tension



Cette rencontre est intervenue alors que les tensions montent entre Israël et la Palestine. Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 septembre, des Palestiniens de la bande de Gaza ont tiré une roquette en direction du sud d’Israël, indique Euronews. Ces roquettes ont été interceptés par les autorités israéliennes. Une autre roquette a été tirée de Gaza vers le Sud israélien, où elle a été interceptée par le bouclier antimissile Dôme de fer. C’était le troisième incident de ce type en trois jours. En représailles, l’armée israélienne a mené des frappes contre des positions du Hamas, un poste de mitrailleuses, un site de stockage et un complexe militaire.



Ces tirs interviennent après qu’Israël a capturé quatre des six fugitifs qui s’étaient échappés en début de semaine. Les quatre évadés ont été arrêtés à une trentaine de kilomètres de la prison de Gilboa, située dans le nord d’Israël. Deux d’entre eux, Yaqoub Qadri, 48 ans, et Mahmoud Ardah, 45 ans, qui a passé ses 25 dernières années en prison, ont été capturés sans résistance dans la ville de Nazareth à l’issue d’une poursuite en hélicoptère. 



Depuis leur fuite lundi 6 septembre par un tunnel creusé sous un évier et débouchant à l’extérieur du bâtiment, les autorités israéliennes mènent une chasse à l’homme en Israël et en Cisjordanie, territoire d’origine des fugitifs, occupé par Israël. Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux derniers fugitifs. Selon la police, l’un d’entre eux se serait réfugié dans le nord de la Cisjordanie.



 



L’Égypte joue un rôle incontournable



Après une décennie durant laquelle les relations entre Israël et l’Égypte ont connu des hauts et des bas, ces dernières années ont surtout été marquées par une étroite coopération sécuritaire entre les deux pays, qui ont aussi coopéré sur un plan énergétique. En effet, depuis 2020, l’État hébreu exporte son gaz vers l’Égypte.



Selon RFI, qui cite un expert égyptien, ce réchauffement des relations est dû à la préoccupation du Caire et de Tel-Aviv à l’égard d’un éventuel lâchage par l’administration du président américain Joe Biden de ses alliés traditionnels au Proche-Orient.



Pour Ely Karmon, politologue au sein de l’International Institute for Counter-Terrorism (ICT) cité par Les Echos, les deux parties sont désormais sur la même longueur d’onde, «à savoir affaiblir le Hamas pour renforcer l’Autorité palestinienne. Ce n’était pas le cas du gouvernement précédent. Benjamin Netanyahou voulait, au contraire, le maintien du Hamas à Gaza pour affaiblir l’Autorité palestinienne».



Ainsi, à travers ces efforts diplomatiques, le Caire cherche donc à redevenir un acteur régional essentiel. En mai 2021, l’Égypte a négocié une trêve pour mettre fin à la flambée de violences entre Israël et la Palestine. Pièce centrale dans la médiation de ce conflit depuis plusieurs années, le Caire sera chargé de veiller au respect de ce cessez-le-feu, précisent les autorités égyptiennes. L’Égypte a envoyé deux délégations à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour notamment surveiller la mise en œuvre de la trêve et maintenir des conditions stables de manière permanente. 



Personne ne peut jouer le rôle que l’Égypte joue. Premier pays arabe à normaliser ses relations avec Israël il y a environ quarante ans, il a été rejoint l’année dernière par des pays comme les Émirats arabes unis et Bahreïn.



Depuis plusieurs années, et encore plus ces dernières semaines, ce pays apparaît comme un interlocuteur clé dans ce nouveau conflit. Depuis l’accord de paix signé en 1979, le pays actuellement dirigé actuellement par Abdel Fatah al-Sissi est un interlocuteur privilégié d’Israël avec qui il a des relations pacifiques. D’ailleurs, l’Égypte, seul pays à avoir une frontière avec les deux pays en conflit, reconnaît Israël en tant qu’État. Avec la Palestine, le président égyptien entretient d’excellentes relations, notamment avec Mahmoud Abbas, tout en restant hostile au mouvement islamiste du Hamas.




Lire aussi : Proche-Orient : qui a terre ne vit sans guerre




 



Israël opte pour l’économie comme alternative au dialogue 



Alors que les Égyptiens cherchent à relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens, l’État hébreu, de son côté, vient de présenter un plan de réhabilitation de Gaza.




Lire aussi : Israël propose un plan de développement pour la bande de Gaza




En effet, le ministre des Affaires étrangères israélien, Yaïr Lapid, a proposé dimanche une «nouvelle vision» pour la bande de Gaza, promettant «des mesures économiques en échange de la sécurité», à condition que le Hamas s’engage à un «calme de longue durée». Un objectif qui nécessite le soutien de l’Égypte.



Plus concrètement, il propose un plan en deux temps. D’abord, il s’agit de la réparation des lignes électriques, du gaz connecté et de la construction d’une usine de dessalement d’eau. Dans un second temps, un port et un «lien» routier seront construits entre Gaza et la Cisjordanie occupée, a expliqué Lapid.  



Ce plan ne vise pas à régler le conflit israélo-palestinien, mais à «agir dès maintenant» pour «améliorer» les conditions de vie dans la bande de Gaza et à «créer de meilleures conditions pour de futurs pourparlers», a fait valoir Yaïr Lapid. Ces propositions doivent toutefois être approuvées par le gouvernement de coalition israélien, constituées de formations politiques ayant des visions parfois opposées sur le conflit.



S’il semble révolutionnaire, «le plan Lapid pour Gaza n’est qu’une solution à court terme», note auprès de L’Express Hugh Lovatt, spécialiste du conflit israélo-palestinien et analyste au Conseil européen des relations extérieures (ECFR). Selon lui, il ne s’agit pas d’un «nouveau chemin dans le conflit israélo-palestinien». En effet, cette formule du calme contre une aide d’Israël s’inscrit «en réalité dans une continuité de la politique israélienne menée à Gaza depuis des décennies», avec toujours les mêmes obstacles non résolus, explique-t-il. 



 



La vision d’Israël ne vient pas de nulle part



Depuis 2018, l’Autorité palestinienne traverse l’une de ses plus difficiles crises financières, voire la pire depuis son établissement en 1994. Cette crise avait été déclenchée suite à la suspension des aides américaines en 2018 par l’ancien président Donald Trump. En effet, une loi adoptée par le Congrès durant l’ère de Trump a lié les aides offertes à l’Autorité palestinienne avec la suspension des paiements accordée aux «terroristes». 



Actuellement, Washington œuvre pour assurer la reprise des aides destinées aux Palestiniens ainsi que le financement des projets et de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Cependant, alors que la situation financière de l’Autorité palestinienne a atteint une impasse, le changement où l’abrogation de cette loi nécessitera des mois. Ceci implique donc une solution d’urgence. En attendant l’amendement de la loi américaine, Washington a choisi de focaliser ses pressions sur le nouveau gouvernement israélien.



Depuis 2008, Israël et le Hamas se sont livrés quatre guerres, la dernière en mai dernier ayant fait 260 morts à Gaza et 13 en Israël. Quatre mois après cette dernière guerre, la reconstruction dans l’enclave n’a toujours pas réellement débuté, et ce, malgré les engagements de différents pays. L’effort international de reconstruction de Gaza devait être dirigé par les États-Unis, dont le gouvernement a continué d’approuver des ventes d’armes à Israël de plusieurs millions de dollars. En parallèle, le processus de paix entre Israël et la Palestine semble être en panne. 



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