L’affaire Pegasus vise à déstabiliser le Maroc, selon Chakib Benmoussa

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L’affaire Pegasus vise à déstabiliser le Maroc, selon Chakib Benmoussa

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L’affaire Pegasus continue de faire couler beaucoup d’encre au Maroc comme à l’étranger. Chakib Benmoussa, ambassadeur du Royaume en France, a affirmé que Rabat n’a pas acheté ou eu recours à ce logiciel espion. Il a également souligné que les parties qui accusent le Maroc d’espionnage n’ont avancé aucune preuve pour corroborer leurs allégations. De leurs côtés, plusieurs responsables et chefs d’États étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont exhorté à un renforcement des restrictions à l’exportation des logiciels espions afin que certains acteurs privés et gouvernementaux n’en fassent pas un mauvais usage.

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L’affaire Pegasus est loin d’être terminée. Cette fois, c’est au tour de l’ambassadeur du Maroc en France, Chakib Benmoussa, de démentir les allégations selon lesquelles le Royaume aurait espionné le président français Emmanuel Macron. Ce dernier a souligné que les parties à l’origine du rapport portant sur cette affaire d’espionnage, notamment Amnesty International, Forbidden Stories et 17 partenaires médiatiques internationaux, n’ont toujours pas livré de preuves concrètes corroborant leurs allégations. «Le Maroc n’a pas espionné le président Emmanuel Macron. Il n’a pas non plus espionné l’ancien Premier ministre ou les membres du gouvernement», a déclaré Benmoussa dans une interview exclusive accordée au journal français Le Journal de Dimanche. Il a ajouté : «De plus, il n’existe aucune preuve à l’appui de cette affirmation»



Au milieu de révélations et d’allégations non prouvées liées à l’affaire Pegasus, la presse française a déclenché une véritable croisade contre le gouvernement marocain, accusant Rabat de l’espionnage présumé de responsables français, dont Macron, de journalistes et de militants. Notons que les auteurs du rapport controversé ont fait état d’une fuite massive de données accusant plusieurs gouvernements et entités d’utiliser le logiciel Pegasus de NSO Group pour espionner des personnalités publiques et privées.




Lire aussi : Pegasus : les dessous d’une affaire de grande envergure




 



Ce n’est pas la première fois que le Maroc est accusé d’espionnage



L’ambassadeur du Royaume en France a strictement nié l’acquisition par son pays du logiciel israélien, rappelant qu’Amnesty International avait déjà accusé Rabat d’utiliser ce logiciel il y a plusieurs mois. «Le chef du gouvernement avait déjà réfuté de tels faits et demandé dans une lettre à l’ONG de fournir des preuves qui étayeraient ses accusations». Cette demande est d’ailleurs restée sans réponses jusqu’à ce jour. Benmoussa a expliqué qu’il existe des «réseaux hostiles au Maroc», qui tentent de le déstabiliser, «en France et ailleurs». Il a souligné qu’il y a des acteurs «qui considèrent notre pays comme un ennemi» et qui exploitent ce genre d’allégations pour compromettre davantage la crédibilité du Maroc. «Qui a alimenté tout cela ? Qui en a été l’instigateur ?» s’est interrogé l’ambassadeur, ajoutant que «ce sont des questions ouvertes pour le moment».



Selon le responsable, «le succès du Maroc en Afrique ne plaît pas à tout le monde». Il a également souligné le timing de ces accusations, qui coïncide avec la fête du trône, l’anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, qui a eu lieu le 30 juillet 1999. Cette célébration, en parallèle avec les progrès du Royaume dans une variété de domaines, «peut ne pas plaire à tout le monde», a réitéré l’ambassadeur. De plus, ce dernier a insisté sur l’incohérence de ces allégations d’espionnage. Comment pourrait-il y avoir une liste de 50.000 numéros compromis alors que le Groupe NSO affirme ne pas tenir une telle liste ? Si, comme le prétend NSO Group, 40 pays au total ont acheté le logiciel, pourquoi les dernières révélations ne concernent-elles que 11 pays en développement, décrits comme des «États voyous et policiers ?», s’est interrogé Benmoussa.



 



Le Maroc respecte les données personnelles



Toujours dans le cadre de son entretien avec le journal français, l’ambassadeur a assuré qu’à l’instar de leurs homologues internationaux, les services de renseignement marocains «s’intéressent aux logiciels et aux outils technologiques pour faire leur travail de protection des intérêts supérieurs du pays et de ses citoyens». Toutefois, il a assuré que Pegasus ne fait pas partie des outils utilisés par le pays. Il a soutenu que la Constitution marocaine et les lois récemment mises à jour, conformément aux conventions internationales ratifiées par le Maroc, protègent les données personnelles. Et de lancer que les services marocains s’inscrivent avant tout dans une démarche d’État de droit.



 



Un renforcement des restrictions liées aux logiciels espions s’impose



Par ailleurs, après l’éclatement de l’affaire Pegasus, la chancelière allemande Angela Merkel a demandé un renforcement des restrictions à l’exportation des logiciels espions, pour empêcher que certains acteurs privés et gouvernementaux n’en fassent un mauvais usage. «Il est important que les logiciels configurés pour des situations particulières n’atterrissent pas dans de mauvaises mains, ce qui signifie qu’il devrait y avoir des conditions très restrictives les encadrant», a-t-elle souligné à Berlin. La dirigeante allemande a fait valoir que l’imposition de restrictions plus strictes à l’exportation de logiciels espions serait le moyen le plus efficace de freiner «les comportements voyous». «Dans les pays où le contrôle judiciaire de ces programmes n’est pas garanti, de tels logiciels ne devraient pas être vendus», estime Merkel.



Alors que le groupe NSO affirme que le logiciel n’a été «vendu qu’aux organismes chargés de l’application de la loi et aux services secrets des gouvernements audités», les dirigeants occidentaux semblent convaincus qu’il y a eu une violation de protocole. En conséquence, Emmanuel Macron a changé de numéro de téléphone suite aux allégations de tentatives d’espionnage du Maroc, a avancé Gabriel Attal, porte-parole de la présidence. «Il a plusieurs numéros de téléphone. Cela ne signifie pas qu’il a été espionné», précise le responsable, ajoutant que «c’est juste une mesure de sécurité supplémentaire». Attal a aussi précisé dans ce sens que les protocoles de sécurité du président sont en train d’être mis à jour. «Il est évident que nous prenons [l’affaire] très au sérieux», a-t-il ajouté après une réunion d’urgence du cabinet consacrée aux allégations d’espionnage.



De son côté, la présidente de l’Union allemande des journalistes, Monique Hofmann, a demandé un contrôle plus strict des exportations de technologies de surveillance, affirmant que «les États autoritaires utilisent Pegasus pour faire taire les voix critiques et d’opposition». «Les logiciels d’espionnage ne doivent pas être fournis à des pays dans lesquels les droits de l’homme sont violés de manière répétée», a-t-elle martelé.




Lire aussi : Les téléphones de personnes « sensibles » ciblés par le logiciel d’espionnage Pegasus




 



Enfin, si d’autres allégations et révélations d’utilisation abusive de la surveillance ont été faites ces dernières années, l’affaire Pegasus a suscité une tempête médiatique internationale sans précédent. Une combinaison d’éléments en a fait une histoire particulièrement juteuse pour les journalistes occidentaux. L’accusation d’«attaques» de pays en développement contre des politiciens de haut rang dans le paysage politique européen, et les vagues appels à la «liberté» et à la «transparence» contribuent à un récit crédible qui peut attiser les préjugés envers des pays perçus comme «illégaux» ou «répressifs». Rappelons que lorsque les États-Unis ont espionné Merkel avec l’aide des services secrets danois, le tollé a été bref et sans conséquence. De même, lorsque la NSA américaine a admis avoir espionné plus de 100.000 ressortissants étrangers en dehors des USA en 2017, la réaction des médias internationaux a été quasi inexistante. Par contre, lorsque de telles accusations sont portées contre des pays comme le Maroc, elles semblent avoir plus d’importance… Affaire à suivre.



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