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BAM : ce qu’il faut retenir du point de presse de Jouahri

Abdellatif Jouahri, wali de la banque centrale, a tenu ce mardi 22 juin 2021 une conférence de presse à l’issue du Conseil de Bank Al-Maghrib. Il en a profité pour faire le bilan de la situation économique et financière du pays. Tour d’horizon sur les moments forts de cette intervention.

Par Mohamed Laabi, Publié le 23/06/2021 à 11:51, mis à jour le 23/06/2021 à 16:36
         Temps de lecture 5 min.
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Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib © DR

Le wali de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, a tenu ce mardi 22 juin 2021 un point de presse de plus de deux heures à l’issue du Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM). Dans cette rencontre faite par visioconférence, Jouahri est revenu sur le maintien du taux directeur à 1,5%, les estimations pour la croissance en 2021 et les prévisions de l’inflation en 2021 et 2022.

 

Taux directeur, croissance et relance économique

Le Conseil de BAM a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,5%, jugeant que le taux actuel demeure approprié et que la politique monétaire «reste largement accommodante et assure des conditions de financement adéquates». Concernant la croissance économique, les projections de BAM tablent sur une croissance de 5,3% en 2021. Ce pourcentage est porté par une hausse de 3,6% de la valeur ajoutée des activités non agricoles et un rebond de 17,6% de celles du secteur agricole.

Bank Al-Maghrib assure que ce taux «reflète les conditions climatiques très favorables qui ont marqué l’actuelle campagne agricole et qui se sont traduites par une augmentation de la production céréalière à 98 millions de quintaux». En 2022, la croissance se consoliderait à 3,3%, avec une poursuite de l’amélioration du rythme des activités non agricoles à 3,8% et une baisse de 2% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux.

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Le gouverneur estime que ces perspectives restent toutefois entourées d’un deré élevé d’incertitudes en raison notamment de l’apparition de nouveaux variants du virus et les disparités entre pays en termes de rythme de vaccination. Il a mis l’accent sur la nécessité qu’une bonne partie de la population mondiale soit vaccinée et qu’il n’y ait pas de disparités entre les pays africains, européens, asiatiques ou nord américains. Il rappelle que le G7, avec l’aide de plusieurs institutions mondiales, a décidé d’octroyer 50 milliards de DH (MMDH) pour vacciner au moins 40% de la population mondiale en 2021, et atteindre 60% en 2022. «Ils ne font pas ça par philanthropie, mais ils savent que la reprise mondiale ne sera assurée que si tous les pays du monde atteignent une certaine immunité face au virus. Sans atténuation sensible de la pandémie, nous n’avons aucune garantie d’une relance économique mondiale», souligne le wali de BAM.

 

Inflation et déficit

Après des taux de 0,7% en 2020 et de 0,1% au premier trimestre de 2021, l’inflation a atteint 1,7% en moyenne au cours des mois d’avril et de mai, note Bank Al-Maghrib. La banque centrale souligne qu’en raison de la hausse prévue des cours internationaux du pétrole et de certains produits alimentaires, ainsi que de l’amélioration de la demande intérieure, le taux devrait atteindre 1% en 2021 et 1,2% en 2022.

Concernant le déficit budgétaire, il devrait s’atténuer progressivement, revenant de 7,6% du PIB à 7,1% en 2021 et à 6,6% en 2022, alors que l’endettement du Trésor continuerait d’augmenter, passant de 76,4% du PIB en 2020, à 77,8% en 2021 puis à 80% en 2022.

Pour ce qui est des finances publiques, l’exécution budgétaire au titre des cinq premiers mois de l’année fait ressortir un déficit de 25,1 MMDH. Pour leur part, les recettes ordinaires se sont améliorées de 9,3%, tirées par l’augmentation du produit fiscal.

 

Légère amélioration pour le marché du travail

Bank Al-Maghrib note une légère amélioration de la situation au premier trimestre avec une atténuation sensible des pertes nettes d’emploi à 202.000 postes au lieu de 451.000 postes un trimestre auparavant. Tenant compte d’une entrée nette de 40.000 demandeurs d’emploi, le taux d’activité a reculé d’une année à l’autre à 45,5% et le taux de chômage s’est aggravé à 12,5% globalement et à 17,1% en milieu urbain. Le taux chez les jeunes citadins de 15 à 24 ans est de 45,6% au premier trimestre 2021 contre 41,4% durant la même période de l’année 2020.

 

Les échanges extérieurs en hausse

Après un recul de 7,6% en 2020, les exportations rebondiraient de 14,5% en 2021, puis augmenteraient de 5,6% en 2022. Quant aux importations, elles s’accroîtraient de 16,6% en 2021, après une diminution de 14% en 2020. Les recettes voyages connaîtraient une reprise graduelle avec l’ouverture des frontières, passant de 36,5 MMDH en 2020 à 44,4 MMDH en 2021 et à 63,4 MMDH en 2022. Quant aux transferts des MRE, leur progression resterait soutenue avec un taux de 7,6% à 73,3 MMDH en 2021 et de 2,8% à 75,4 MMDH en 2022.

 

Nouveau modèle de développement

Appelé à livrer son avis sur le rapport du nouveau modèle de développement, présenté il y a quelques semaines par Chakib Benmoussa, président de la CSMD, au roi Mohammed VI, Abdellatif Jouahri a déclaré : «Nous en avons parlé assez longuement durant le Conseil. Nous espérons que les conclusions et propositions de ce travail multidisciplinaire qui a duré plus d’un an et demi soient réalisées. Il y a des choses sur lesquelles on est d’accord, mais d’autres qui doivent être expliquées, détaillées. Nous pensons que nous pouvons aussi apporter des choses nouvelles». Il a affirmé avoir demandé à rencontrer la commission Benmoussa pour débattre et échanger avec elle sur certains points économiques et financiers.

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«Certaines choses ont peut-être besoin d’être rectifiées, priorisées. Il faut étudier les choses dans leur globalité. Ce rapport, il faut le lire plus de deux fois pour bien comprendre les choses. Prenons donc le temps, regardons les choses de plus près, car ce nouveau modèle nous engage sur une longue période», précise Abdellatif Jouahri.

 

Ci-dessous et en vidéo, le point de presse complet d’Abdellatif Jouahri:

 

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