Rive du fleuve Bouregreg © Abdellatif Soudou, élu de la ville de Salé

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Que se passe-t-il à Bouregreg ?

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Catégorie Société , Gros plan

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Depuis plus d’une semaine, les réseaux sociaux ont été enflammés par de nombreuses publications concernant des tâches noirâtres associées à des odeurs nauséabondes provenant de la vallée de Bouregreg. Bien qu’aucune information officielle n’ait été communiquée, les lixiviats émanant de la décharge d’Oum Azza sont pointés du doigt. Une problématique qui aurait des antécédents en 2019.

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Depuis plus d’une semaine, des odeurs nauséabondes et des taches noirâtres sont observées sur le célèbre fleuve du Bouregreg. Ce dernier est l’objet d’une pollution compromettant dangereusement son avenir. En effet, les riverains constatent une pollution soudaine sous forme de taches noires, dégageant des odeurs désagréables.



Les effets de la pollution ayant touché la vallée du Bouregreg atteignent le port de divertissement Marina de la ville de Salé. Ceci a suscité la colère et l’inquiétude des habitants des villes de Rabat et de Salé, séparées par ledit « oued », ainsi que l’indignation des propriétaires des cafés et restaurants  connus pour son potentiel touristique. Cette pollution a également affecté les pêcheurs traditionnels. Pour les habitants des deux villes concernées, «il s’agit d’une catastrophe écologique». Sur les réseaux sociaux, plusieurs images et vidéos relatant la situation regrettable ont été partagées.












 



Les causes demeurent inconnues



Contacté par la MAP, Abdelaaziz Zerouali, le directeur de l’Agence du Bassin hydraulique du Bouregreg-Chaouia, a fait savoir que la cause principale de cette situation est toujours inconnue. Une commission se penche actuellement sur ce problème, afin de confirmer les causes et identifier les mesures à prendre, a-t-il ajouté, soulignant que l’Agence attend les résultats des analyses avant de se prononcer sur le sujet.



Seddik Es-Semlali, le secrétaire général régional de l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD), quant à lui, a indiqué qu’une intervention urgente demeure nécessaire pour stopper l’hémorragie. Es-Semlali, qui est également président de l’Association marocaine pour le développement local (AMDEL), a estimé que les eaux usées rejetées dans le Bouregreg pourraient être à l’origine de ces odeurs. Il a expliqué que la problématique de ces eaux polluées a été aggravée par la poussée démographique spectaculaire, notamment à Salé, indiquant l’urgence de mettre en place des stations de traitement des eaux usées.



 



Ce désastre environnemental serait-il dû à un déversement du lixiviat ?



Si aucune information officielle n’a été, pour le moment, communiquée sur l’origine de cette pollution, les soupçons portent sur le lixiviat (jus d’ordures) qui émanerait du centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) d’Oum Azza. En effet, selon L’Économiste, la digue d’un bassin de stockage aurait cédé, entraînant le déversement du lixiviat dans le fleuve. De plus, dans une question écrite adressée à Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement, le groupe parlementaire de l’Union marocaine du travail (UMT) évoque de possibles déversements de lixiviats de la décharge d’Oum Azza comme cause probable de ce problème. «Des doutes entourent la décharge d’Oum Azza (Akrach) comme source de cette pollution, ce qui nécessite d’accélérer les analyses en laboratoire d’échantillons d’eau polluée pour informer l’opinion publique nationale et locale», a indiqué le groupe parlementaire. «Nous vous interrogeons, monsieur le ministre, sur la réalité de la situation environnementale de la vallée du Bouregreg et les mesures prises pour éviter que de tels incidents se répètent et qui pervertissent l’image de la capitale, ville lumière». Les conseillers de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) de Rabat ont, pour leur part, publié une déclaration commune en estimant que «les autorités responsables de la décharge n’ont présenté aucune solution pour évacuer le lixiviat, malgré la disponibilité d’un certain nombre de technologies modernes connues internationalement».



Actuellement, les odeurs ont pratiquement disparu et les investigations continuent pour mettre la lumière sur la source de la pollution, indique la MAP, ajoutant que d’après des sources proches du dossier, un appel d’offres est en cours concernant la gestion contrôlée de la décharge d’Oum Azza. Les entreprises présélectionnées seront connues la semaine prochaine.



 



Un problème qui remonte à 2019



Sur Facebook, Omar El Hyani, conseiller de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a indiqué lui aussi que la source de pollution du fleuve provient de la décharge d’Oum Azza, «dont les flancs se sont effondrés et se sont infiltrés dans la vallée d’Akrach, qui se jette à son tour dans la vallée du Bouregreg». Cette problématique liée au déversement du lixiviat, selon lui, se pose depuis plusieurs années. «Nous avions déjà sonné l’alerte par le biais d’une communication en décembre 2019», signale l’élu du FGD. Il a ajouté qu’il regrette «la dépense de milliards de dirhams dans des projets de ruelles à Rabat, du Grand Théâtre (2 milliards de dirhams), des marinas, des tours géantes, des hectares de gazon», avançant que la collectivité «oublie le plus important en décrétant l’austérité dans la préservation de l’environnement et de la qualité des eaux de surface et souterraines que nous buvons».





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